Le Ramadan vu par McDonald’s…

Je ne suis pas un fan de la pub, loin de là, mais il faut bien avouer que parfois les pubs sont très bien faites… McDonald’s est d’ailleurs très fort dans le domaine. Une publicité, présentée par McDonald’s Singapour pour le mois du ramadan, est un rappel sympathique de ce que les Singapouriens partagent malgré la diversité religieuse présente ici.

La publicité présente un livreur de McDonald’s lors d’une journée typique de sa vie durant le Ramadan. Il fait les livraisons comme à son habitude, bien qu’il soit en train de jeûner, il donne un coup de main pour aider les autres, comme il est sensé le faire, surtout pendant le Ramadan.

La publicité se termine par une livraison à un non-musulman, qui remarque qu’il est l’heure pour le livreur de rompre son jeûne. Le client l’invite à le faire en partageant son repas avec lui. La publicité se termine par le slogan: « Partagez l’esprit du Ramadan ».

Je me suis permis d’y ajouter les sous-titres en français…

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21 mai 1987 : Le jour où l’Action Catholique s’est retrouvée en prison.

Je viens de finir un livre très enrichissant et informatif : « 1987 Singapore’s Marxist Conspiracy, 30 Years On». Tout comme « Beyond the blue gates » et « Singapour vu d’en bas- Chronique d’un Basque en Asie », ce livre relate les événements de 1987, plus connus sous le nom de code « Operation Spectrum ». Lorsque je suis arrivé à Singapour en 1990, je sentais bien qu’il y avait un malaise au sein de l’église catholique, mais je n’arrivais pas vraiment à mettre le doigt dessus. Il m’aura fallu presque 30 ans pour enfin comprendre…

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Le 21 mai, au petit matin, 16 personnes sont arrêtées à leur domicile au nom de l’Internal Security Act[1], sous prétexte d’une implication présumée dans « une conspiration marxiste visant à renverser le système social et politique existant à Singapour, en utilisant les tactiques communistes unifiées, dans le but d’établir un état marxiste. »

Le 20 juin 1987, six autres personnes sont arrêtées, portant le nombre total de détenus à 22. Le gouvernement prétend que le cerveau derrière le soi-disant complot marxiste est Tan Wah Piow, ancien président du syndicat des étudiants de l’Université de Singapour qui était en exil à Londres depuis 1976. Son bras droit à Singapour serait Vincent Cheng, un employé à plein temps, travaillant pour l’église catholique à la commission Justice et Paix.

Voici le portrait de certains détenus :

Vincent Cheng, alors âgé de 40 ans, était le secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix de l’église catholique. Il avait été séminariste à l’époque du concile Vatican 2 et était particulièrement sensible aux questions sociales. Il avait aussi travaillé avec le père Guillaume Arotçarena[2], dans son centre de Geylang (Centre catholique pour les travailleurs étrangers) pour venir en aide aux domestiques philippines souvent maltraitées par leurs employeurs.

Ng Bee Leng, 23 ans, une employée à temps plein au Centre catholique pour les travailleurs étrangers. Elle a été étudiante à l’École polytechnique de Singapour où elle était présidente de l’Union des étudiants.

Kevin de Souza, 26 ans, diplômé de la Faculté de droit de l’Université de Singapour, il était, au moment de son arrestation, employé de l’Association des étudiants catholiques de l’École polytechnique.

Tang Lay Lee, avocate de 33 ans, était une employée de la JOC (Jeunesses Ouvrières Chrétiennes) de Singapour.

 

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Catholic News (14 juin 1987)

 

Il s’agissait donc de jeunes intellectuels catholiques, impliqués dans les questions sociales de leur époque, conformément au discours social de l’Église. Le gouvernement singapourien voyait leurs activités d’un très mauvais œil, car ils remettaient en question certains mécanismes qui contribuaient à la croissance économique extraordinaire de Singapour, comme par exemple, les conditions de travail des immigrés, ou les salaires des ouvriers.

Réaction de l’église

Dans un premier temps, l’archevêque de Singapour, Mgr Gregory Yong, a manifesté son soutien pour les détenus en publiant une lettre pastorale où il affirma que l’église catholique était contre les idées marxistes, mais qu’elle devait continuer sa mission et que celle-ci concernait notamment la justice sociale. Dans sa lettre, l’archevêque exprima sa confiance et son soutien pour les organisations catholiques incriminées par le gouvernement. Une messe présidée par Mgr Yong, accompagné de 23 prêtres, fut même organisée le 27 mai en soutien aux détenus, et plus de 2500 personnes y participèrent.

Gregory Yong

Mgr Gregory Yong

Quelques jours plus tard, le premier ministre de l’époque, Lee Kuan Yew, demanda à rencontrer Mgr Yong avec une délégation de responsables catholiques pour discuter des arrestations. Ce fut alors que tout changea. Les détails autour de cet entretien sont bien relatés dans le livre et ils permettent de voir comment Mgr Yong, qui avait une nature plutôt timide, se retrouva piégé et obligé de faire une déclaration hâtive, devant les caméras, dans laquelle il donna l’impression de se désolidariser des détenus. On venait de lui montrer entre autres la déclaration de Vincent Cheng, avouant qu’il utilisait l’église catholique pour propager ses idées marxistes (Vincent Cheng et d’autres détenus firent des « aveux » après avoir passé plusieurs jours sans sommeil dans des salles d’interrogation glaciales tout en étant brutalisés physiquement[3]).

“Le gouvernement ne maltraite pas les détenus. Cependant, on exerce une pression psychologique sur les détenus pour qu’ils disent la vérité … la vérité ne serait pas connue sans la pression psychologique exercée pendant l’interrogatoire.”

Lee Hsien Loong (actuel premier ministre), 1988

Les raisons derrière les arrestations

Je me suis longtemps posé la question de la réaction de l’archevêque de l’époque. Je l’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises dans les années 90, mais n’ai pas osé lui demander pourquoi il avait abandonné ces chrétiens engagés auprès des plus pauvres de la société. La pression semble avoir été trop forte pour lui, il avait à cœur son rôle d’évêque et voulait sans doute éviter l’arrestation de certains de ses prêtres fortement impliqués dans les organisations ciblées par le gouvernement. Son prédécesseur, Mgr Olçomendi (un français), était très sensible à la doctrine sociale de l’Église, en plein essor depuis Vatican 2. Celui-ci avait, par exemple, nommé le père Joseph Ho aumônier à plein temps de la JOC et lui avait demandé de loger dans un appartement au cœur du complexe industriel de Jurong, à l’Est de Singapour.

Le père Ho fut l’un des quatre prêtres visés par l’Opération Spectrum de 1987. Il avait mis en place un centre d’accueil pour les ouvriers à Jurong, et ce fut pour beaucoup un lieu de rencontre et partage d’expériences dans le but d’améliorer les conditions de travail des ouvriers. En 1976, les ouvriers d’une entreprise américaine fabricant des sacs plastiques firent grève. La répression fut sévère et le gouvernement se rendit sans doute compte à ce moment-là que l’idéologie sociale catholique pouvait faire tanguer le bateau… Le père Ho a également contribué à introduire les sujets de justice sociale dans le programme d’études du séminaire. De 1975 à 1987, il fut le président de la commission Justice et Paix, et c’est lui qui y fit venir Vincent Cheng.

Guillaume Arotçarena fonda le « Geylang Catholic Center » où, secondé par un groupe de laïcs, il s’occupait très activement des prisonniers, des drogués et aidait les employées de maison étrangères, présentes en nombre dans les familles singapouriennes mais dénuées alors de tout droit et protection. Plusieurs avocats les représentaient gratuitement pour traîner en justice des employeurs sans scrupules.

Deux autres prêtres, Patrick Goh et Edgar K D’Souza, étaient aussi dans le collimateur de Lee Kuan Yew, pour des raisons similaires. Ils ont tous démissionné de leurs fonctions et par la suite, ont dû soit quitté Singapour, soit gardé un profil bas, en évitant de s’impliquer dans les problèmes de société. Sans doute était-il plus facile de s’en prendre à des laïcs qu’à des prêtres pour ne pas choquer les foules.

Les personnes arrêtées étaient en fait jugées trop enclins à s’occuper de problèmes sociaux, et par voie de conséquence, nourrissaient l’opposition populaire à certaines orientations socio-politiques du gouvernement. Il faut aussi souligner que des élections approchaient et que le parti au pouvoir depuis l’indépendance (et encore en place aujourd’hui) ne tolérait aucune opposition. J. B. Jeyaretnam à la tête du ‘Workers Party’ lui avait infligé une défaite et était devenu le premier membre de l’opposition élu au parlement en 1981 et réélu en 1984. Plusieurs, parmi les détenus de 1987, avaient participé activement à la campagne électorale du ‘Workers Party’.

Vincent Cheng fut le dernier à être libéré, le 19 juin 1990, sans n’avoir jamais eu de procès, tout comme ses soi-disant ‘complices’…

« Ce n’est pas une pratique, et je ne laisserai pas les subversifs en liberté simplement du fait que je doive tout présenter contre eux devant un tribunal ou fournir des preuves qui résisteront aux règles strictes de ce tribunal. »

Lee Kuan Yew, 1988

Et aujourd’hui ?

Toute cette histoire continue, même aujourd’hui, à empoisonner l’église catholique singapourienne. En 2012, Mgr Chia, alors évêque de Singapour, avait exprimé, dans une lettre, son soutien à une commémoration, organisée par l’association Function 8 pour marquer le 25e anniversaire de l’Opération Spectrum. Il avait lui-même accompagné Mgr Gregory Yong lors de l’entretien avec Lee Kuan Yew en 1987 et avait donc été témoin de la farce médiatique… Il a néanmoins dû faire marche arrière rapidement et finalement se désolidariser de l’association, comme le soulignait à l’époque le journal « La Croix » : l’Archevêque catholique au centre d’une controverse.

Guillaume Arotcarena

Le père Guillaume Arotçarena au Catholic Center

A la mort du père Guillaume Arotçarena, en 2015, une messe fut célébrée par l’actuel archevêque de Singapour, Mgr William Goh. Théologien plus que pasteur, il fit appel au pardon des uns et des autres, et souligna dans son homélie que la première leçon a tiré des évènements de 1987, c’est que la mission sociale de l’Église est principalement spirituelle. « La mission sociale de l’Église est une expression de la proclamation de l’Évangile », a-t-il dit. « L’Église ne doit jamais être réduite à une organisation humanitaire. Nous ne sommes pas une autre ONG. » Autant dire que la doctrine sociale de l’Église n’est pas à l’ordre du jour.

Pour moi qui ai bercé dans l’Action Catholique toute ma jeunesse, je ne peux m’empêcher de ressentir un vide au sein de l’église singapourienne.  Le manque de conscientisation aux problèmes sociaux et la peur de l’engagement sont flagrants. Il suffit de prendre l’exemple de la peine de mort. Les trois derniers papes se sont longuement exprimés contre la peine capitale, mais les archevêques successifs ici se contentent d’approuver le gouvernement quand il assouplit la législation, sans pour autant envisager l’abolition de la pendaison. Les montées aux créneaux sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Le 21 mai 1987 reste très présent dans la mémoire collective, et la majorité silencieuse est de fait, silencieuse…

“ Même si je n’avais pas accès aux renseignements de l’État, d’après ce que je savais d’eux, la plupart étaient des activistes sociaux, mais pas pour renverser le système.”

Tharman Shanmugaratnam (ministre actuel), 2001

 

[1] un décret (vestige de la colonisation anglaise) qui permet aux autorités singapouriennes d’arrêter quelqu’un sans jugement pour une période de temps indéfinie.

[2] https://mothership.sg/2015/01/french-catholic-priests-story-on-social-work-in-1980s-geylang-revealed-the-vibrancy-of-civil-society-back-then/

[3] Ils feront une déclaration dans ce sens à leur sortie de prison et seront immédiatement réincarcérés.

Prières pour la Paix

Une nouvelle année commence, c’est souvent un moment privilégié où on se tourne vers le passé, l’année écoulée, pour ensuite faire des vœux pour le futur, la nouvelle année… Je ne sais pas ce que 2018 nous réserve, mais les tensions sur la péninsule coréenne sont inquiétantes. Les menaces, pour le moment verbales, concernant un possible conflit nucléaire me donnent des frissons. Les religions ont, à mon avis, un rôle à jouer dans la promotion du dialogue et de la paix. Je suis donc allé chercher une prière pour la paix, dans chacune des 10 religions officiellement reconnues à Singapour. Même si parfois les sentiments religieux attisent le feu de la haine, je reste persuadé qu’au cœur de chaque religion le désir de bâtir un monde de paix est essentiel.

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Prière taoïste pour la paix :

Pour avoir la paix dans le monde, Il doit y avoir la paix dans les nations.
Pour avoir la paix dans les nations, Il doit y avoir la paix dans les villes.
Pour avoir la paix dans les villes, Il doit y avoir la paix entre voisins.
Pour avoir la paix entre voisins, Il doit y avoir la paix dans la maison.
Pour avoir la paix dans la maison, Il doit y avoir la paix dans le cœur.

 

Prière jaïna :

La paix et l’amour universel sont l’essence de l’évangile prêché par les plus éclairés.

Le Seigneur nous enseigne que la sérénité vient du karma.

Que je pardonne à toutes les créatures, et que toutes les créatures me pardonnent. Que pour tous j’aie de l’amitié, pour personne de l’inimitié.

Sache que la violence est la source de toutes les misères du monde.

La violence est, de fait, le nœud de l’esclavage.

« Ne blessez aucun être vivant. »

C’est la voix éternelle, perpétuelle et inaltérable de la vie spirituelle.

Une arme, aussi puissante soit-elle, peut toujours être supplantée par une autre ; mais aucune, jamais, ne peut surpasser la non-violence et l’amour.

 

Prière zoroastrienne :

Nous prions Dieu d’éliminer

toute la misère du monde :

pour que la compréhension triomphe

sur l’ignorance,

la générosité sur l’indifférence,

la confiance sur le mépris,

et la vérité sur le mensonge.

 

Prière bouddhiste :

Que tous les êtres tourmentés partout

par les souffrances du corps et de l’esprit

soient promptement délivrés de leurs maux.

Que ceux qui ont peur cessent d’être effrayés, et que ceux qui sont attachés soient libérés.

Que ceux qui n’ont aucun pouvoir en trouvent et que les hommes pensent à se lier d’amitié les uns avec les autres.

Que ceux qui se trouvent dans des déserts

sans chemins et inquiétants,

enfants, vieillards ou sans défense,

soient gardés par des anges bienveillants,

et atteignent rapidement la sagesse bouddhique.

 

Prière hindoue :

Ô Dieu, conduisez-nous de l’irréel au réel.

Ô Dieu, conduisez-nous de l’obscurité à la lumière.

Ô Dieu, conduisez-nous de la mort à l’immortalité.

Shanti, Shanti, Shanti.

Ô Seigneur tout-puissant, que la paix existe dans les cieux.

Que la paix existe sur terre.

Que les eaux soient calmes.

Que les herbes soient saines, et que les arbres et les plantes apportent la paix à tous.

Que tous les êtres bienfaisants nous apportent la paix.

Que ta loi védique propage la paix dans le monde entier.

Que toute chose soit pour nous une source de paix.

Et que ta paix accorde la paix à tous, et qu’elle arrive aussi jusqu’à moi.

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Prière musulmane :

Au nom d’Allah,

le bienfaisant, le miséricordieux.

Loué soit le Seigneur

de l’Univers qui nous a créés

et constitués en tribus et en nations.

Que nous puissions nous connaître,

au lieu de nous mépriser.

Si l’ennemi tend à la paix,

tends-y également, et fie-toi

à Dieu, car c’est lui

qui entend et sait toutes choses.

Et les serviteurs de Dieu

les plus Gracieux sont ceux qui marchent

sur cette Terre avec humilité,

et quand nous leur parlons, nous disons « PAIX ».

  

Prière chrétienne :

Que soient bénis les artisans de la paix, car ils seront reconnus

comme les enfants de Dieu.

Mais je dis à ceux qui entendent, aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous maltraitent.

A ceux qui vous frappent la joue,

tendez l’autre, et à ceux qui prennent votre cape, ne refusez pas votre manteau.

Donnez à tous ceux qui mendient,

et à ceux qui emportent vos biens,

ne les redemandez pas.

Et ce que vous voudriez que les autres vous fassent, faites-le-leur.

 

Prière sikhe :

Dieu nous accorde,

selon nos actes,

non selon le manteau que nous portons :

cette Vérité est au-dessus de tout,

mais une vie sincère est encore plus haut.

Sache que nous atteignons Dieu en aimant,

et que seule cette victoire

tolère des conséquences

où personne n’est battu.

 

 

Prière bahaïe :

Sois généreux dans la prospérité,

et reconnaissant dans l’adversité.

Sois juste dans ton jugement,

et prudent dans tes paroles.

Sois une lampe pour ceux qui marchent

dans l’obscurité, et un abri pour l’étranger.

Sois des yeux pour l’aveugle, et un phare

pour ceux qui errent.

Sois un souffle de vie pour le corps

humain, une rosée pour le sol

du cœur humain,

et un fruit pour l’arbre de l’humilité.

 

Prière juive :

Sers-toi de nous Seigneur pour faire venir plus rapidement le jour de la réconciliation, où la pauvreté, les préjugés raciaux et les préjugés religieux ne menaceront plus de nous détruire; où la violence, les conflits provoqués par la colère et la méfiance ne seront plus que des démons oubliés; où notre richesse servira à nourrir l’affamé et à soigner le malade, où nous chérirons le monde et saurons lui faire confiance pour les enfants de nos enfants.

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Dans mon portable (5)

Nous arrivons en fin d’année, une petite promenade dans les photos prises avec mon téléphone me permet de revenir sur quelques rencontres auxquelles j’ai participées…

29 décembre 2016

Fête de Noël (organisée par ACCIRD). Les représentants des divers religions étaient invités à venir visiter la cathédrale nouvellement rénovée. Au programme: chants de Noël, sermon de l’évêque de Singapour sur la signification de Noël pour les chrétiens, et bien sûr repas obligatoire.

28 avril 2017

À l’initiative de l’Association Humaniste de Singapour, de la Free Community Church et du Leftwrite Center, une discussion très ouverte et franche sur « Religion et Athéisme ». Les intervenants étaient une bouddhistes, un musulman, un chrétien et un athée. Voici ce que dit la charte à droite:

Les règles

  1. La règle d’or: traitez les autres comme vous souhaiteriez être traité.
  2. Accepter le désaccord: quand vous montrez votre désaccord, faites-le avec respect et civilité. Restez cordial, sans être obligé d’accepter l’opinion d’autrui.
  3. Parler avec le ‘je’. Exprimez votre opinion personnelle, évitez de parler au nom d’un groupe plus large.
  4. Écouter lorsque les autres parlent. Une seule personne parle à la fois.
  5. Les idées et points de vue de tous les participants en lien avec la discussion et dans la limite du temps impartie, méritent d’être entendu.
  6. Être ouvert d’esprit et éviter de porter des jugements. Contrairement à un débat, une discussion invite à la prise de conscience et la réflexion. Cela donne la possibilité de se tromper et d’être ouvert au changement. Le but d’une conversation est de générer une meilleure compréhension et non pas de gagner une joute verbale.

13 août 2017

CNA 10:17

Visionnage en avant première d’un documentaire intitulé « Regardless of Religion », sur la cohabitation des différentes religions à Singapour. Ce film est disponible sur le Net: Regardless of Religion.

19 août 2017

Imran talk 08:17

Conférence donnée par mon ami Imran sur l’origine du conservatisme dans le milieu religieux malais. Il nous a expliqué comment, pour des raisons historiques, les musulmans de Singapour et de Malaisie sont plus attachés à la lettre qu’à l’esprit dans leurs pratiques religieuses.

24 octobre 2017

Accird mort 10:17

Conversation interreligieuse (organisée par ACCIRD), sur le thème: les rituels de la mort. Chaque intervenant (un hindou, un musulman, un chrétien, un bouddhiste et un taoïste) a présenté en 15 minutes ce qui est fait dans sa religion, et un temps de questions-réponses a suivi.

12 novembre 2017

Visite du ‘Harmony Center’ avec des prêtres des Missions Etrangères de Paris. Le centre fait partie d’une mosquée et travaille à la promotion du dialogue interreligieux.

 

Le Feng Shui à Singapour

Dans un pays où les croyances sont multiples, les mélanges et les superstisions ne sont pas rares. Le Feng Shui est une croyance de tradition chinoise, qui est présente partout à Singapour, notamment dans l’architecture. Il s’agit d’être en harmonie avec son environnement pour faciliter le flot des énergies vitales. Je viens de lire un très bon article sur le sujet, écrit par un excellent blogueur qui vit à Singapour: Louis.

Bonne lecture:

Superstitions à Singapour : l’impact insoupçonné du Feng Shui

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Halimah Yacob, femme, musulmane et présidente de la République de Singapour.

Halimah Yacob, musulmane de la minorité malaise, est devenue présidente de la République de Singapour : c’est la seule candidate à avoir obtenu un « certificat d’éligibilité » aux élections présidentielles.

Lundi 11 septembre, le comité électoral a confirmé que les élections présidentielles de Singapour n’auront pas lieu. Halimah Yacob, 63 ans, présidente du Parlement jusqu’à sa démission en août dernier, est la seule des trois candidats à avoir obtenu un « certificat d’éligibilité » aux élections. Celles-ci, réservées exclusivement aux candidats de la minorité malaise de Singapour, auraient dû se tenir le 23 septembre.

La présidente de la République aura essentiellement un rôle cérémoniel, comme ses prédécesseurs, car l’exécutif est entre les mains du Premier ministre Lee Hsien Loong (fils de Lee Kuan Yew, le ‘père de la nation’). Elle détient néanmoins des pouvoirs de veto sur la nomination des postes clés du gouvernement et l’utilisation des réserves financières de Singapour. Normalement, l’accession à ce poste d’une femme issue d’une minorité, qui plus est, musulmane pratiquante portant le voile, dans un Etat laïque et majoritairement chinois (1) devrait être considérée comme une percée remarquable. Cette victoire facile est en fait très controversée.

Une figure publique reconnaissable

Le 6 août dernier, Madame Halimah Yacob annonçait qu’elle se présenterait aux élections présidentielles. « Je fais confiance aux Singapouriens pour voir au-delà du voile, au-delà de la religion, au-delà de la race, au-delà du genre, car c’est ce qui est à la base de notre système » affirmait-elle. Pourtant les Singapouriens ne lui reprochent ni sa religion, ni le fait qu’elle soit une femme. La critique qui revient le plus souvent est le fait d’avoir nié son héritage indien et de prétendre être indépendante alors qu’elle est un ‘produit’ du PAP, le Parti de l’Action du Peuple, au pouvoir depuis l’indépendance de la cité-Etat.

Qui est Halimah Yacob ? Son père d’origine indienne et de religion musulmane est mort quand elle avait huit ans. C’est donc sa mère d’origine malaise qui l’a élevée. Les origines ethniques sont importantes à souligner, car cette élection présidentielle, la première de ce genre, était réservée aux candidats de la minorité malaise de Singapour. Or, certains ont mis en doute le fait que Madame Yacob puisse se présenter car la ‘race’ (2) est traditionnellement considérée comme étant celle du père, et non de la mère. Après avoir fait des études de droit, Mme Yacob fut avocate. C’est en 2001 qu’elle s’est engagée en politique et, à l’âge de 47 ans, elle fut élue députée. En 2011, elle est devenue ministre d’État au ministère du Développement communautaire, de la Jeunesse et des Sports, puis ministre d’État au ministère du Développement social et familial l’année suivante. Sur proposition du Premier ministre Lee Hsien Loong, elle a été élue présidente du Parlement le 14 janvier 2013, devenant ainsi la première femme à tenir ce poste dans l’histoire de la République.

Être ou ne pas être malais ?

Pour cette élection résevée aux Malais, la question de savoir si un candidat à la présidence est « assez malais » était au centre des débats de ces dernières semaines. Deux autres personnes s’étaient présentées pour faire face à Madame Yacob, mais tout comme elle, leur identité ethnique était mise en doute : M. Salleh Marican, dont le père était indien, s’est un peu embrouillé dans son malais lors d’une interview et M. Farid Khan  est d’origine pakistanaise sur sa carte d’identité.

Dans la constitution singapourienne: une « personne appartenant à la communauté malaise » est définie comme étant de race malaise ou autre, mais se considérant comme membre de la communauté malaise et généralement acceptée comme tel par celle-ci.

« Pour l’instant, les politiques clés de Singapour dépendent encore de l’utilisation du modèle CMIO[Chinois, Malais, Indiens et Autres (3)]. […] Les identités raciales et culturelles demeurent importantes pour la plupart des Singapouriens », souligne Eugene Tan, professeur de droit à l’Université de Management de Singapour« Alors que Singapour s’épanouit en tant que nation, l’importance du système CMIO dans la sphère publique devrait diminuer progressivement. Chaque Singapourien a plusieurs identités et aucune classification ne peut jamais en capturer toutes les nuances », ajoute-t-il. Et de préciser : « reconnaître que les identités multiples font partie intégrante de Singapour est vital pour les relations ethniques ».

Une commission a été mise en place pour juger de l’ethnicité de chaque candidat. Mme Halimah Yacob, M. Salleh Marican et M. Farid Khan ont tous les trois reçu leur certificat stipulant qu’ils faisaient bien partie de la communauté malaise. Mais au final, seule Mme Yacob a pu obtenir un certificat d’éligibilité, car elle avait occupé un poste clé dans le service public pendant plus de trois ans. Les deux autres venant du secteur privé devaient justifier de trois ans de travail à la tête d’une entreprise dotée d’un capital d’au moins 500 millions de dollars singapouriens (330 millions d’euros), et ce n’était pas le cas.

Le jeu politique du gouvernement

Le PAP a mis en place ces changements dans le processus électoral afin, soi-disant, d’élargir la représentation politique des minorités ; et les dirigeants, dont le Premier ministre Lee Hsien Loong, ont été forcés de nier que les nouvelles règles allaient à l’encontre de l’éthique méritocratique de Singapour. De nombreux observateurs estiment en fait que ces critères auraient plutôt été mis en place pour barrer la route à l’un des candidats malheureux des dernières élections (en 2011): le docteur Tan Cheng Bock avait perdu de justesse face au candidat officiel Tony Tan, mais il comptait bien se représenter cette année.

La majorité des Singapouriens semblent néanmoins être d’accord sur le fait que Mme Halimah Yacob devrait être une bonne présidente. Mais comme le souligne Md Suhaile, un journaliste singapourien, le fait d’avoir été ‘élue’ grâce à une élection réservée aux malais nourrit le stéréotype des malais qui ne sont tout simplement pas aussi bons que les autres. Il y a quelques jours, Lawrence Chong, un jeune singapourien engagé dans le dialogue interreligieux indiquait sur Facebook « Je m’inquiète vraiment des conséquences de cette élection présidentielle sur nous en tant que nation. Les commentaires en ligne ne vont pas dans la bonne direction et je crains que le discours nous divise et laisse des blessures béantes dans notre tissu social. Je me demande pourquoi le gouvernement n’a pas choisi un candidat malais lors d’élections précédentes si c’était un problème. Il y a un antécédent, le gouvernement a soutenu le président Nathan [NDLR : SR Nathan, indien, fut le président de Singapour de 1999 à 2011] qui a assumé sa tâche avec sagesse et grâce. Alors, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas laissé ces élections ouvertes à tous, en soutenant Halimah, qui est une excellente candidate ? C’est ce qui me surprend le plus. »

« Si nos dirigeants croient vraiment à la diversité, pourquoi ne préconisons-nous pas que le Premier ministre soit aussi issue d’une minorité ? » questionne Jeraldine, une jeune blogueuse. Elle fait ici référence à la succession du Premier ministre, Lee Hsien Loong, qui a annoncé sa retraite prochaine. Le vice-Premier ministre Tharman Shanmugaratnam, semble être la personnalité préférée des Singapouriens pour lui succéder, mais il est indien.

Dans un entretien avec la BBC en mars dernier, Lee Hsien Loong expliquait : « à Singapour, c’est bien mieux qu’avant, mais la race et la religion comptent toujours. […] Je pense que les considérations ethniques ne sont jamais absentes lorsque les électeurs votent et cela rend les choses difficiles, ce n’est pas impossible, et j’espère qu’un jour il y aura un Premier ministre non chinois, mais vous me demandez si cela va arriver demain, je ne le pense pas. »

 

(1) Selon le recensement de 2015, Singapour compte près de 5,4 millions d’habitants ; les malais représentent 13,3 %, les indiens 9,1 % et les autres minorités 3,3 % d’une population à majorité chinoise (74,3 %).

(2) Le terme de ‘race’ pourrait choquer, mais dans le contexte singapourien, votre ‘race’ est mentionnée sur votre carte d’identité.

(3) La population est catégorisée en fonction des origines ethniques de chacun pour favoriser une sorte de discrimination positive dans de nombreux domaines, tels que l’accession au logement ou à l’éducation.

EiF: Un dialogue interreligieux basé sur des échanges en profondeur.

Sous l’habituelle moiteur singapourienne, c’est à 9h00 que je rejoins une trentaine de personnes devant la cathédrale du Bon Berger (Cathedral of the Good Shepherd). Nous nous sommes donnés rendez-vous pour visiter l’édifice nouvellement restauré. Parmi nous, il y a Aaron, un musulman dont le père était chrétien avant d’épouser sa mère et de se convertir à l’islam ; Thavam, une hindoue qui cherche depuis longtemps à approfondir la foi de sa mère qui se réduit souvent, selon elle, à des rites mécaniques et répétitifs ; Chew Lin, elle, vient d’une famille bouddhiste, mais elle est allée dans une école chrétienne et se dit aujourd’hui agnostique, mais très intéressée par la question du religieux… Tous font partie de l’EiF (Explorations into Faiths[1]), un groupe de jeunes adultes qui se réunissent régulièrement pour s’engager dans un dialogue interreligieux.

Quelques participants de l’EiF visitant la cathédrale du Bon Pasteur

J’ai découvert l’EiF il y a 6 ans. À l’époque, je souhaitais lever le pied par rapport à mes engagements professionnels et m’investir un peu plus dans ce qui a toujours été un de mes centres d’intérêt : le dialogue interreligieux. Bruno Saint Girons, prêtre des MEP, m’a alors conseillé de contacter l’EiF. Je me suis inscrit à une formation sur deux week-ends durant lesquels j’ai fait la connaissance d’une vingtaine de personnes désirant, comme moi, aller plus loin dans la rencontre de l’Autre. Aujourd’hui, je suis devenu ‘facilitator’, c’est-à-dire animateur de petits groupes de discussions sur des sujets sensibles souvent en lien avec la religion ou l’ethnicité.

Depuis 2007, l’EiF forme des ‘facilitators’, organise des conférences et des rencontres mensuelles sur des sujets de réflexion tels que « la foi et l’écologie », « la foi et l’orientation sexuelle », « la foi et la musique », etc… Le but est d’avoir un échange en profondeur, basé sur l’expérience de vie de chacun : « Comment ma foi, mes valeurs, influencent mon quotidien ? Comment je me situe par rapport au sujet proposé… ». Le dialogue commence parfois par la présentation d’une religion ou la visite d’un lieu de culte comme c’est le cas aujourd’hui.

Mabel, notre guide, est bénévole et à la retraite. Elle se présente et nous explique qu’elle a été baptisée à l’âge de 21 ans. Elle a vu un jour son prof de maths, un homme imposant qui lui tirait régulièrement les oreilles, s’agenouiller devant un Christ en croix. « Quel est ce Dieu devant lequel même mon prof de maths se met à genoux ? » s’est-elle alors demandé. Ce fut le début de son cheminement vers le baptême… C’est avec beaucoup d’enthousiasme que Mabel nous a parlé des premiers missionnaires français, à l’origine de la construction de la cathédrale. Elle mentionne en particulier Saint Laurent Imbert (MEP), le premier missionnaire catholique à se rendre à Singapour en 1821. La dédicace de l’église au Bon Pasteur provient de la note qu’il a écrite à ses confrères missionnaires, leur expliquant qu’il allait se rendre aux autorités pour sauver son troupeau de l’extermination pendant une période de persécution chrétienne en Corée : « Dans des circonstances désespérées, le bon berger donne sa vie pour ses brebis ». Il a été décapité le 21 septembre 1839. Les nouvelles de son martyre sont arrivées à Singapour lorsqu’on y cherchait un nom pour l’église et le ‘bon berger’ a été choisi. Aujourd’hui, la cathédrale abrite les reliques de Saint Laurent Imbert.

La cathédrale du Bon Pasteur récemment restaurée

Nous entrons dans la cathédrale. Heureusement, l’intérieur est climatisé. L’édifice a été béni et ouvert par le père Jean-Marie Beurel (MEP), le 6 juin 1847. Le père Beurel est également responsable de la fondation de la « Saint Joseph Institution », une école de garçons, et du « Holy Infant Jesus Convent », une école de filles. Comme nous l’explique Mabel, l’église catholique a à cœur le bien de la communauté au sens large, et on sent bien que Mabel a une admiration toute particulière pour le père Beurel qui s’est beaucoup démené pour mener à bien tous ses projets.

Après la visite, nous nous retrouvons dans une des salles de l’évêché pour deux heures de dialogue. Le thème du jour : « la foi et le dialogue interreligieux ». Certains participants sont nouveaux, invités par des amis ou simplement curieux de découvrir ce qui se dit dans ce type de rencontre. D’autres sont des habitués. Victor est anglican, mais se dit plus à l’aise chez les luthériens. Ariz est un jeune musulman ayant découvert la richesse de la discussion interreligieuse en partageant sa chambre d’étudiant avec un chrétien. Cheryl, notre animatrice principale aujourd’hui, est catholique et c’est elle qui a choisi ce sujet qui lui tient à cœur, elle a d’ailleurs invité son mari et son père pour l’occasion.

Après une brève présentation de chacun, Cheryl nous propose ‘d’accorder nos violons’ : « Nous allons nous engager dans un dialogue de vie et non dans un débat d’idées. Comment pouvons-nous mettre en place une atmosphère de confiance et de soutien afin que chacun puisse partager ce qu’il ressent ? Quelles attitudes et quels comportements devons-nous attendre les uns des autres afin d’avoir un dialogue significatif ». Les règles de l’échange émises par les uns et les autres sont alors affichées au tableau pour que chacun se sente concerné.

Engagement de chacun avant le dialogue

Le véritable dialogue se déroulera en petits groupes de 5 à 6 personnes autour d’un ‘facilitator’. Dans mon groupe, je commence par leur demander d’écrire un mot sur un post-it : « Notez un mot pour décrire une interaction interconfessionnelle, une rencontre que vous avez eue ou que vous avez décidé de ne pas avoir. » Par la suite, j’invite chacun à partager ce qui se cache derrière ce mot et la discussion s’amorce naturellement. Il s’agit avant tout d’un partage de vie et non d’un échange intellectuel sur les tenants et les aboutissants du dialogue interreligieux. L’une des personnes de mon groupe fait part de sa gêne : lorsqu’elle était à l’école, des chrétiens un peu trop prosélytes lui ont affirmé qu’elle irait en enfer si elle ne croyait pas en Jésus Christ ! Elle est hindoue et s’est sentie marginalisée par ses camarades de classe. Un autre nous explique qu’il est ravi de se retrouver dans ce genre de discussion aujourd’hui, car sa première expérience de dialogue interreligieux fut très superficielle selon lui. Il était allé à une rencontre de l’IRO (Inter-Religious Organisation), un organisme qui se veut indépendant, mais qui est en fait très lié avec le gouvernement et qui rassemble essentiellement des représentants officiels des 10 religions reconnues à Singapour…

Les rencontres de l’EiF sont très enrichissantes. Nous ne sommes pas là pour parler au nom de notre religion, même s’il peut y avoir parmi nous des experts dans le domaine, nous discutons simplement en tant qu’expert de notre vie, de notre expérience. Nous ne faisons pas de syncrétisme, il ne s’agit pas de dire que toutes les religions se valent. Les partages sont d’autant plus riches que chacun vit de sa foi ou de ses convictions. Personnellement, j’ai pu me rendre compte que ma foi catholique s’en trouve approfondie, car lorsque nous abordons un sujet, je ne peux m’empêcher de creuser la question sous le regard de ma foi, de ce qu’en dit l’Eglise, la Bible, etc…

Singapour apparaît souvent comme un modèle d’harmonie religieuse. Une étude comparative sur la diversité religieuse dans le monde[2] place Singapour à la première place des pays ayant la plus grande diversité religieuse, et tout se passe relativement bien en effet. Mais nous ne sommes pas à l’abri d’un grain de sable qui pourrait enrayer la machine. Que se passerait-il en cas d’attentat terroriste ? Serions-nous solidaires ou aurions-nous plutôt tendance à montrer du doigt et généraliser ?

Il est déjà 12h30, en grand groupe, chacun partage ce qu’il retient de nos échanges. Les odeurs de poulet au gingembre et de gambas à la sauce aigre douce entre dans la pièce. C’est l’heure du déjeuner. À Singapour, il est rare de ne pas commencer ou finir une rencontre par un repas. C’est le moment des discussions informelles entre les participants. Au fur et à mesure de nos rencontres les liens d’amitiés se renforcent. Finalement, n’est-ce pas là le cœur du dialogue interreligieux ? Comme le rappelait le pape François avec d’autres responsables religieux en Juin dernier[3], l’amitié entre les croyants est essentielle.

 

[1] https://www.facebook.com/ExplorationsintoFaith/

[2] http://www.pewforum.org/2014/04/04/global-religious-diversity/

[3] http://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/video-pape-souligne-lenrichissement-dialogue-interreligieux-2017-06-16-1200855570