Révision de la loi sur le maintien de l’harmonie religieuse

Mise en place en 1990, la loi sur le maintien de l’harmonie religieuse (MRHA : Maintenance of religious harmony act) à Singapour vient d’être révisée, ce lundi 7 octobre, pour répondre aux défis des nouvelles technologies et contrôler l’influence étrangère au sein des organisations religieuses locales. Dans un communiqué, le diocèse catholique de Singapour a souligné qu’il apportait pleinement son soutien au projet de loi : « Les modifications proposées arrivent à point. Il est donc important que le MRHA soit mis à jour afin de pouvoir réagir efficacement à toute nouvelle menace susceptible de nuire à l’harmonie religieuse. Bien que Singapour ait connu la paix et la stabilité au fil des années, l’harmonie religieuse ne doit pas être considérée comme acquise. »

Le 26 août dernier, lors du dîner de gala pour le 70e anniversaire de l’IRO (Inter-Religious Organisation, l’une des plus vieilles organisations interreligieuses du monde), le premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, avait expliqué la nécessité d’une mise à jour de la loi sur le maintien de l’harmonie religieuse, existante depuis presque trente ans. En prenant des exemples régionaux tels que la montée de l’extrémisme et de l’intolérance au Sri Lanka et aux Philippines, M. Lee avait déclaré que Singapour était, en comparaison, dans une situation « très précieuse, très rare et remarquable ». Il a rappelé aux Singapouriens qu’il fallait « respecter les personnes qui ont une foi différente de la nôtre. C’est le seul moyen de maintenir une culture de tolérance et du vivre ensemble dans un environnement urbain dense… Qu’il s’agisse de brûler des bâtons d’encens au cours du septième mois du calendrier lunaire [tradition taoïste issue de la religion populaire chinoise], de faire sonner l’Adhan [appel à la prière] dans nos mosquées ou bien le son des cloches dans les églises et les temples hindous, nous devons faire des ajustements, nous adapter et faire preuve de tolérance les uns envers les autres ». Lee Hsien Loong vient d’ailleurs de remporter un prix interreligieux international pour son rôle dans le soutien de la tolérance et de l’harmonie à Singapour. La loi sur le maintien de l’harmonie religieuse (MRHA : Maintenance of religious harmony act) avait été présentée au parlement par Lee Kuan Yew, premier ministre de Singapour à l’époque et père du premier ministre actuel, dans les années 1980. Officiellement, il s’agissait de protéger Singapour de la résurgence mondiale du fanatisme religieux, et d’éviter les tensions entre les différentes religions, mais le gouvernement souhaitait surtout empêcher les organisations religieuses de faire trop de politique, afin d’éviter toute possibilité de contestation. En 1987, des laïcs et prêtres catholiques (dont le père Guillaume Arotçarena, des Missions Étrangères de Paris) s’étaient engagés dans l’activisme social et avaient été accusés de fomenter un complot marxiste dans le but de renverser le gouvernement.

Dix religions reconnues officiellement à Singapour

Le MRHA habilite le ministre de l’Intérieur à restreindre les activités des responsables religieux ou de toute autre personne menaçant l’harmonie religieuse. Le but est donc de contrôler ceux qui, sous couvert de la propagation ou de la pratique d’une croyance religieuse, essaieraient de remonter les foules contre le gouvernement, et accessoirement contre les autres religions. En fait, cette loi n’a jamais été utilisée depuis son entrée en vigueur en 1992. « Il existe des restrictions claires concernant ce que les groupes religieux peuvent faire ou ne peuvent pas faire, telles que ne pas s’impliquer dans la politique ou nuire à la paix religieuse », a déclaré le Dr Mathew Mathews, chercheur à l’Institut d’études politiques (IPS). « Bien que la loi n’ait pas vraiment été utilisée, cela ne veut pas dire que personne ne pouvait tomber sous le coup de cette loi. La menace même que la loi pourrait être appliquée a poussé ceux qui se conduisaient d’une manière qui pourrait porter atteinte à la paix religieuse à chercher rapidement le moyen de réparer leur faute. » Cette épée de Damoclès encourage en effet les contrevenants à présenter publiquement leurs excuses, comme ce fut le cas par exemple en avril 2017, lorsqu’un iman venant d’Inde en avait appelé à « l’aide de Dieu pour combattre les juifs et les chrétiens », ou encore en avril 2018, lorsqu’un prédicateur chrétien des États-Unis disait vouloir « repousser un nouveau mouvement musulman moderne ». Les propos guerriers de ce genre ne sont pas pris à la légère dans la cité-État où dix religions sont reconnues officiellement.

Le ministre de l’Intérieur actuel, K. Shanmugam, avait aussi affirmé qu’il fallait actualiser la loi pour faire face aux nouvelles menaces découlant de l’omniprésence d’Internet. « Le monde est devenu très différent. Nous avons maintenant Facebook, Twitter, Google… La haine peut devenir virale en quelques secondes », avait-il expliqué. En tant que ministre de l’Intérieur, il pourra maintenant émettre une ordonnance de restriction immédiate contre les personnes qui attiseraient les tensions religieuses en ligne (il fallait attendre quatorze jours auparavant), et le gouvernement pourra aussi ordonner le retrait immédiat de publications dans les médias sociaux. Un autre amendement à cette loi impose que les postes clés de direction dans les organisations religieuses soient occupés par des citoyens singapouriens ou des résidents permanents, afin d’empêcher toute influence étrangère indue. Les organisations religieuses sont également tenues de déclarer les dons d’une valeur supérieure ou égale à 10 000 dollars singapouriens s’ils sont effectués par des étrangers, ainsi que de révéler toute affiliation avec des groupes religieux établis à l’étranger qui pourraient éventuellement exercer une influence sur elles.

« L’harmonie religieuse ne doit pas être considérée comme acquise »

Les divers groupes religieux de Singapour ont déclaré qu’ils soutenaient ces propositions de changement ; ils avaient d’ailleurs été consultés sur le sujet. Dans un communiqué de presse, le diocèse catholique de Singapour a souligné qu’il apportait pleinement son soutien au « projet de loi sur le maintien de l’harmonie religieuse [MRHA]. Les modifications proposées arrivent à point. Avec l’omniprésence d’Internet et des réseaux sociaux, les messages haineux qui peuvent briser l’harmonie religieuse peuvent se répandre plus rapidement et plus largement qu’auparavant. Il est donc important que le MRHA soit mis à jour afin de pouvoir réagir efficacement à toute nouvelle menace susceptible de nuire à l’harmonie religieuse. Bien que Singapour ait connu la paix et la stabilité au fil des années, l’harmonie religieuse ne doit pas être considérée comme acquise. En tant que société multiconfessionnelle, Singapour est vulnérable aux acteurs étrangers mal intentionnés qui peuvent se servir de la religion pour diviser la société. Les acteurs étrangers peuvent, en particulier, exercer une influence et un contrôle sur les organisations religieuses par le biais de dons ou de fortes affiliations étrangères ».

Les modifications votées permettent à Singapour de se rapprocher des normes internationales en matière de réglementation du discours de haine, admet le professeur Cherian George, un intellectuel généralement très critique envers le gouvernement singapourien. Le gouvernement modifie la manière dont il traite l’injure envers les sentiments religieux, affirme-t-il. Il est important de faire la distinction entre les dommages objectifs et les infractions subjectives causées par un discours antireligieux. « Les gouvernements ont le devoir de protéger les communautés religieuses en interdisant l’incitation à la discrimination et à la violence. Le droit international des droits de l’homme leur permet également d’appliquer des restrictions nécessaires et proportionnées aux discours qui menaceraient l’ordre public.

Cependant, ils ne doivent pas restreindre les propos choquants si leur seul impact réel est de blesser les sentiments des gens », a-t-il ajouté. Dans le cadre de la loi modifiée, si l’État veut punir un citoyen ordinaire pour injure religieuse, il ne suffira pas de montrer qu’il a délibérément blessé les sentiments religieux d’une autre personne (ce qui était le cas auparavant dans le cadre de l’article 298 du Code pénal). Désormais, il faudra montrer que la blessure causée menace l’ordre public. « Cela détourne l’attention des émotions subjectives de personnes qui peuvent être trop facilement offensées, au profit du critère plus objectif de l’ordre public », estime le professeur George. Dans le cadre de ces changements, le gouvernement a également proposé l’introduction d’une « Initiative de réhabilitation communautaire » (IRC, Community remedial initiative), qui permet au ministère de l’Intérieur de résoudre les infractions sans que des poursuites soient nécessaires. Il s’agirait par exemple de faire des excuses publiques ou privées, présentées à la communauté affectée, ou encore de participer à des événements interreligieux pour mieux comprendre cette communauté. Le ministère de l’Intérieur a souligné que cette IRC serait volontaire et qu’elle serait prise en compte pour déterminer s’il convient ou non de poursuivre la personne ayant commis l’acte incriminé.

« Ils ont vraiment contribué à la croissance de Singapour en tant que société »

Lors du Grand Prix de Formule 1, qui se déroulait à Singapour il y a quelques jours, Sheena Phua, une « influenceuse », se plaignait des deux spectateurs assis devant elle en publiant une photo sur Instagram : « Deux énormes obstacles ont décidé de sortir de nulle part » avait-elle commenté. Or, il s’agissait de deux sikhs, facilement reconnaissables à leur turban. Les réseaux sociaux se sont enflammés, l’accusant d’être raciste et insensible aux différences culturelles et religieuses. Par la suite, elle a dû s’excuser en soulignant que son message avait été mal interprété – mais loin de se sentir offusqués, des jeunes de la communauté sikhe de Singapour ont invité Mlle Phua dans un temple sikh pour qu’elle y découvre la communauté et ses traditions. « Je n’ai jamais vraiment cherché à comprendre les pratiques religieuses des autres. Pour beaucoup de jeunes, les questions dont nous discutons tournent autour de banalités telles que la mode, les commérages et les voyages », a-t-elle confié, ajoutant qu’elle espérait avoir d’autres opportunités pour interagir avec des groupes minoritaires. « Ils ont vraiment contribué à la croissance de Singapour en tant que société », a-t-elle poursuivi. Il est possible que la révision de la loi sur le maintien de l’harmonie religieuse qui vient d’être votée à Singapour ne soit en fait jamais utilisée, mais continue à encourager chacun à y mettre un peu du sien…

Un jour à Singapour…

Mon ami Imran est à la fois philosophe, intellectuel, sage et musulman. Je suis souvent émerveillé par sa capacité à expliquer des choses complexes avec beaucoup de simplicité. Il y a quelques jours, sur sa page Facebook, on pouvait lire ce message qui résume bien l’importance du travaille inter-religieux que nous faisons.

interreligieux

Traduit de l’anglais:

Un jour à Singapour …

« N’affiche pas ta croix sur les bâtiments. Ça me dérange. » dit un musulman à un chrétien.

« Ne mets pas tes offrandes en bas du bloc. Je ne peux plus le tolérer. » dit un chrétien à un taoïste.

« N’abattez pas vos vaches pour l’Aïd el-Kebir. Ça me choque. » dit un hindou à un musulman.

« N’amenez pas la religion dans l’espace public » dit le gouvernement à tout le monde.
« Pourquoi pas ? » répondent les gens religieux…

Quelqu’un, quelque part, sera quelque peu offensé par quelque chose. Alors que faire ?

Premièrement, observez ce principe : vous avez le droit de croire ce que vous voulez mais vous n’avez pas le droit d’imposer votre croyance aux autres. Acceptez le droit des autres comme vous voulez que les autres acceptent votre droit d’avoir vos propres convictions. Apprenez l’art de la réciprocité.

Deuxièmement, apprenez à gérer vos propres émotions face à l’offense. Si la croyance d’une autre personne vous offense, souvenez-vous, pour vous calmer, que personne ne vous demande de l’accepter, mais que vous ne devez pas non plus nier le droit de l’autre à sa croyance. Apprenez à accepter les différences.

Troisièmement, apprenez-en davantage sur la croyance de l’autre ; qui sait, vous pourriez apprendre une chose ou deux et comprendre pourquoi il croit ce qu’il croit ? Vous ne serez peut-être pas toujours d’accord avec ses convictions, mais vous apprendrez certainement quelque chose et cela vous permettra d’être moins facilement offensé.

Surtout, apprenez à questionner votre propre conviction : Savez-vous vraiment ce que vous pensez savoir ? Comment savez-vous ce que vous savez ? Avant de critiquer les autres, soyez critique envers vous-même. Vous pourriez en fait découvrir des choses intéressantes. Tournez le regard vers l’intérieur et cultivez l’humilité à l’intérieur. Soyez offensé par votre propre ignorance plus que par toute autre chose. Laissez les autres être eux-mêmes. Apprenons à travailler sur nous-mêmes.

Colloque entre chrétiens et taoïstes

Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, l’archidiocèse catholique de Singapour et la fédération taoïste de Singapour ont organisé conjointement le deuxième colloque chrétien-taoïste à Singapour du 5 au 7 novembre 2018 (le premier avait eu lieu à Taiwan en 2014). Le thème du colloque était « Éthique chrétienne et taoïste en dialogue ». Soixante-dix spécialistes chrétiens et taoïstes, ainsi que de nombreux acteurs du dialogue interreligieux, venus principalement de Singapour, mais également de Chine, de France, de Corée du Sud, de Malaisie, de Suisse, de Taiwan et du Vatican, ont pris part à cet événement.

La rencontre avait pour but d’approfondir le dialogue entre chrétiens et taoïstes, dans des échanges à la fois intellectuels et informels, en réponse aux défis contemporains dans les domaines de la bioéthique, la pauvreté, la morale en économie et les problèmes environnementaux… Le programme comprenait également des visites culturelles et interreligieuses. Singapour étant le pays ayant la plus grande diversité religieuse au monde, les initiatives interreligieuses s’y multiplient et sont de plus en plus encouragées par le gouvernement qui, par l’intermédiaire du ministère de la culture et de la jeunesse, soutenait ce colloque. Le premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, rappelait d’ailleurs au même moment qu’en « créant des possibilités d’interaction entre les religions et en renforçant les liens entre les religions, nous nous protégeons contre les forces qui pourraient déchirer notre société ».

Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a repris dans son message d’introduction au colloque les mots du pape François, prononcés lors du congrès organisé par la fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice le 26 mai 2018 : « Les difficultés et les crises actuelles du système économique ont une dimension éthique indéniable : elles sont liées à une mentalité d’égoïsme et d’exclusion qui a engendré dans les faits une culture du rebut, aveugle face à la dignité humaine des plus vulnérables. Nous le voyons dans la ‘mondialisation de l’indifférence’ croissante face aux défis moraux évidents que la famille humaine est appelée à affronter. […] Je pense aussi aux questions éthiques urgentes liées aux mouvements migratoires mondiaux. » Il souligne en outre que « la dimension éthique des relations sociales et économiques dans la vie et dans l’activité sociale ne peut être importée de l’extérieur, mais qu’elle doit émerger de l’intérieur. Cela représente naturellement un objectif à long terme, qui exige l’engagement de chaque personne et de chaque institution au sein de la société ».

Taoisme

« Une réponse multiforme aux défis de notre époque »

Dans la première partie du colloque, les intervenants ont analysé la crise morale qui affecte le monde aujourd’hui. Les spécialistes ont ensuite présenté les enseignements de Jésus, de saint Paul, de Lao-Tseu et d’autres sages taoïstes. Après avoir examiné les écrits sacrés des deux traditions, chacun a essayé de proposer des orientations et des solutions pour améliorer le monde en crise. Invitée par la fédération taoïste de Singapour, Karine Martin, femme prêtre taoïste française, a conclu son intervention en soulignant que « si des religions telles que le taoïsme et le christianisme doivent participer à la résolution des problèmes auxquels la société est actuellement confrontée, elles doivent présenter leur technique ancestrale consistant à apaiser l’esprit et à réconforter le cœur de chaque individu. »

Interrogée par Églises d’Asie sur la place du taoïsme aujourd’hui dans la société, Karine Martin a fait remarquer qu’il tient « une place très importante sur le plan spirituel et sur le plan du bien-être, parce que toutes les pratiques de Tai-chi et les enseignements de la médecine chinoise prennent racine dans les enseignements taoïstes. En revanche, les enseignements taoïstes religieux sont beaucoup moins connus. Le taoïsme est un chemin qui fournit des outils pour partir à la recherche de la vérité. » Interrogé par Églises d’Asie, le père Benoît Vermander, un jésuite présent depuis plus de vingt ans en Chine, notait pendant le colloque que ce qui lui semblait enrichissant en premier lieu, c’était la participation importante des taoïstes à l’événement, en particulier les jeunes taoïstes de Chine continentale. « Le fait qu’on ait parlé de thèmes très concrets tels que la famille et l’éducation a joué un rôle important. C’est sans doute la première fois qu’il y a une participation aussi active de leaders taoïstes. » Le père Vermander a également tenu à souligner la qualité de l’organisation de ce colloque par de nombreux bénévoles singapouriens.

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Dans une déclaration publiée à l’issue du colloque, les participants ont d’abord noté que cette réunion avait renforcé des liens d’amitié. Les deux groupes reconnaissent que « la crise éthique d’aujourd’hui nécessite la redécouverte de valeurs universelles fondées sur la justice sociale, l’écologie intégrale, ainsi que la dignité de la vie humaine à tous les niveaux et dans toutes les circonstances. Par conséquent, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 reste une expression fondamentale de la conscience humaine pour notre époque et offre une base solide pour la promotion d’un monde plus juste. Nous croyons en la capacité de nos traditions religieuses d’inspirer une réponse multiforme aux défis de notre époque. Par conséquent, il est nécessaire d’améliorer les méthodes de communication de nos traditions dans un langage facilement compréhensible. »

(EDA / François Bretault)

Dans mon portable (6)

C’est avec beaucoup de joie et de frustration que j’observe les développements de la scène interreligieuse à Singapour. D’une part, je suis ravi de voir le nombre d’actions et d’associations qui émergent depuis quelques années dans le domaine du dialogue entre les religions. Mais d’autre part, je suis déçu de ne pas pouvoir participer à plus d’initiatives passionnantes, faute de temps… Voici, comme d’habitude quelques images prises au hasard des rencontres.

19 novembre 2017

La fille de Rose, notre voisine musulmane, s’est mariée, et nous avons participé à la fête. Hélas, ma voisine préférée a ensuite déménagé pour aller vivre avec sa fille, chez son gendre… Cela veut dire que nous ne pourrons plus bénéficier des bons plats cuisinés que Rose nous apportait régulièrement.

24 février 2018

Une nouvelle série de rencontres a démarré: « Ask me anything » (demandez-moi n’importe quoi). Le but est de répondre à toutes les questions que les gens peuvent avoir sur une religion particulière, sans tabous. Ce sont les bouddhistes qui ont commencé, avec des questions sur les réincarnations successives, le rôle du bouddhisme dans la société moderne, etc…

5 mars 2018

Portable4J’ai rencontré Matthieu Ricard, lors d’une conférence sur l’altruisme. Une personnalité marquante dont j’avais beaucoup entendu parlé. Il a entre autre souligné le fait que donner et partager le bonheur est le meilleur moyen d’obtenir le bonheur, car nous sommes heureux de faire le bien. Il a aussi un grand sens de l’humour et fait de superbes photos.

24 mars 2018

Rencontre islamo-chrétienne sur le thème de la dignité humaine (organisée par ACCIRD). Intervention rafraîchissante du frère David Garcia.

 

10 avril 2018

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Sur le campus d’une des universités où je travaille, des étudiants cherchaient à encourager la discussion sur des sujets sensibles, à partir d’affirmations provoquantes, comme ici: « La religion n’a pas sa place dans la société ». Je me suis joint à la conversation… C’est toujours rafraîchissant de se confronter à des opinions différentes.

15 mai 2018

Les catéchistes de la communauté catholique francophone de Singapour m’ont invité à parler de l’interreligieux aux enfants du CM2. J’en ai profité pour inviter Liyana et Luis pour leur parler de l’islam et du bouddhisme.

9 juin 2018

Portable6Lancement du livre « Budi Kritik » (critique rationnelle). Un recueil de textes écrits par de jeunes penseurs et penseuses malais, sur les problèmes auxquels fait face cette minorité à Singapour.

17 juillet 2018

Portable7Présentation de la place du mariage dans l’islam, le judaisme et le christianisme (organisée par ACCIRD).

Mieux vaut en rire…

Cette fois, dans la catégorie humour interreligieux, je vous propose quelques dessins. On devrait essayer rire de soi un peu plus souvent…

RELIGIONS

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Bouddha: « J’aurais dû instaurer une règle pour interdire qu’on me représente. Ils me font toujours gros. »

Jésus: « Ne m’en parle pas, ça fait 2000 ans que je suis un mec blanc et blond. »

 

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Prière des enfants: « S’il te plaît, aide-moi à gagner le concours d’orthographe. »

 

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Le Ramadan vu par McDonald’s…

Je ne suis pas un fan de la pub, loin de là, mais il faut bien avouer que parfois les pubs sont très bien faites… McDonald’s est d’ailleurs très fort dans le domaine. Une publicité, présentée par McDonald’s Singapour pour le mois du ramadan, est un rappel sympathique de ce que les Singapouriens partagent malgré la diversité religieuse présente ici.

La publicité présente un livreur de McDonald’s lors d’une journée typique de sa vie durant le Ramadan. Il fait les livraisons comme à son habitude, bien qu’il soit en train de jeûner, il donne un coup de main pour aider les autres, comme il est sensé le faire, surtout pendant le Ramadan.

La publicité se termine par une livraison à un non-musulman, qui remarque qu’il est l’heure pour le livreur de rompre son jeûne. Le client l’invite à le faire en partageant son repas avec lui. La publicité se termine par le slogan: « Partagez l’esprit du Ramadan ».

Je me suis permis d’y ajouter les sous-titres en français…

 

21 mai 1987 : Le jour où l’Action Catholique s’est retrouvée en prison.

Je viens de finir un livre très enrichissant et informatif : « 1987 Singapore’s Marxist Conspiracy, 30 Years On». Tout comme « Beyond the blue gates » et « Singapour vu d’en bas- Chronique d’un Basque en Asie », ce livre relate les événements de 1987, plus connus sous le nom de code « Operation Spectrum ». Lorsque je suis arrivé à Singapour en 1990, je sentais bien qu’il y avait un malaise au sein de l’église catholique, mais je n’arrivais pas vraiment à mettre le doigt dessus. Il m’aura fallu presque 30 ans pour enfin comprendre…

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Le 21 mai, au petit matin, 16 personnes sont arrêtées à leur domicile au nom de l’Internal Security Act[1], sous prétexte d’une implication présumée dans « une conspiration marxiste visant à renverser le système social et politique existant à Singapour, en utilisant les tactiques communistes unifiées, dans le but d’établir un état marxiste. »

Le 20 juin 1987, six autres personnes sont arrêtées, portant le nombre total de détenus à 22. Le gouvernement prétend que le cerveau derrière le soi-disant complot marxiste est Tan Wah Piow, ancien président du syndicat des étudiants de l’Université de Singapour qui était en exil à Londres depuis 1976. Son bras droit à Singapour serait Vincent Cheng, un employé à plein temps, travaillant pour l’église catholique à la commission Justice et Paix.

Voici le portrait de certains détenus :

Vincent Cheng, alors âgé de 40 ans, était le secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix de l’église catholique. Il avait été séminariste à l’époque du concile Vatican 2 et était particulièrement sensible aux questions sociales. Il avait aussi travaillé avec le père Guillaume Arotçarena[2], dans son centre de Geylang (Centre catholique pour les travailleurs étrangers) pour venir en aide aux domestiques philippines souvent maltraitées par leurs employeurs.

Ng Bee Leng, 23 ans, une employée à temps plein au Centre catholique pour les travailleurs étrangers. Elle a été étudiante à l’École polytechnique de Singapour où elle était présidente de l’Union des étudiants.

Kevin de Souza, 26 ans, diplômé de la Faculté de droit de l’Université de Singapour, il était, au moment de son arrestation, employé de l’Association des étudiants catholiques de l’École polytechnique.

Tang Lay Lee, avocate de 33 ans, était une employée de la JOC (Jeunesses Ouvrières Chrétiennes) de Singapour.

 

1987 CN

Catholic News (14 juin 1987)

 

Il s’agissait donc de jeunes intellectuels catholiques, impliqués dans les questions sociales de leur époque, conformément au discours social de l’Église. Le gouvernement singapourien voyait leurs activités d’un très mauvais œil, car ils remettaient en question certains mécanismes qui contribuaient à la croissance économique extraordinaire de Singapour, comme par exemple, les conditions de travail des immigrés, ou les salaires des ouvriers.

Réaction de l’église

Dans un premier temps, l’archevêque de Singapour, Mgr Gregory Yong, a manifesté son soutien pour les détenus en publiant une lettre pastorale où il affirma que l’église catholique était contre les idées marxistes, mais qu’elle devait continuer sa mission et que celle-ci concernait notamment la justice sociale. Dans sa lettre, l’archevêque exprima sa confiance et son soutien pour les organisations catholiques incriminées par le gouvernement. Une messe présidée par Mgr Yong, accompagné de 23 prêtres, fut même organisée le 27 mai en soutien aux détenus, et plus de 2500 personnes y participèrent.

Gregory Yong

Mgr Gregory Yong

Quelques jours plus tard, le premier ministre de l’époque, Lee Kuan Yew, demanda à rencontrer Mgr Yong avec une délégation de responsables catholiques pour discuter des arrestations. Ce fut alors que tout changea. Les détails autour de cet entretien sont bien relatés dans le livre et ils permettent de voir comment Mgr Yong, qui avait une nature plutôt timide, se retrouva piégé et obligé de faire une déclaration hâtive, devant les caméras, dans laquelle il donna l’impression de se désolidariser des détenus. On venait de lui montrer entre autres la déclaration de Vincent Cheng, avouant qu’il utilisait l’église catholique pour propager ses idées marxistes (Vincent Cheng et d’autres détenus firent des « aveux » après avoir passé plusieurs jours sans sommeil dans des salles d’interrogation glaciales tout en étant brutalisés physiquement[3]).

“Le gouvernement ne maltraite pas les détenus. Cependant, on exerce une pression psychologique sur les détenus pour qu’ils disent la vérité … la vérité ne serait pas connue sans la pression psychologique exercée pendant l’interrogatoire.”

Lee Hsien Loong (actuel premier ministre), 1988

Les raisons derrière les arrestations

Je me suis longtemps posé la question de la réaction de l’archevêque de l’époque. Je l’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises dans les années 90, mais n’ai pas osé lui demander pourquoi il avait abandonné ces chrétiens engagés auprès des plus pauvres de la société. La pression semble avoir été trop forte pour lui, il avait à cœur son rôle d’évêque et voulait sans doute éviter l’arrestation de certains de ses prêtres fortement impliqués dans les organisations ciblées par le gouvernement. Son prédécesseur, Mgr Olçomendi (un français), était très sensible à la doctrine sociale de l’Église, en plein essor depuis Vatican 2. Celui-ci avait, par exemple, nommé le père Joseph Ho aumônier à plein temps de la JOC et lui avait demandé de loger dans un appartement au cœur du complexe industriel de Jurong, à l’Est de Singapour.

Le père Ho fut l’un des quatre prêtres visés par l’Opération Spectrum de 1987. Il avait mis en place un centre d’accueil pour les ouvriers à Jurong, et ce fut pour beaucoup un lieu de rencontre et partage d’expériences dans le but d’améliorer les conditions de travail des ouvriers. En 1976, les ouvriers d’une entreprise américaine fabricant des sacs plastiques firent grève. La répression fut sévère et le gouvernement se rendit sans doute compte à ce moment-là que l’idéologie sociale catholique pouvait faire tanguer le bateau… Le père Ho a également contribué à introduire les sujets de justice sociale dans le programme d’études du séminaire. De 1975 à 1987, il fut le président de la commission Justice et Paix, et c’est lui qui y fit venir Vincent Cheng.

Guillaume Arotçarena fonda le « Geylang Catholic Center » où, secondé par un groupe de laïcs, il s’occupait très activement des prisonniers, des drogués et aidait les employées de maison étrangères, présentes en nombre dans les familles singapouriennes mais dénuées alors de tout droit et protection. Plusieurs avocats les représentaient gratuitement pour traîner en justice des employeurs sans scrupules.

Deux autres prêtres, Patrick Goh et Edgar K D’Souza, étaient aussi dans le collimateur de Lee Kuan Yew, pour des raisons similaires. Ils ont tous démissionné de leurs fonctions et par la suite, ont dû soit quitté Singapour, soit gardé un profil bas, en évitant de s’impliquer dans les problèmes de société. Sans doute était-il plus facile de s’en prendre à des laïcs qu’à des prêtres pour ne pas choquer les foules.

Les personnes arrêtées étaient en fait jugées trop enclins à s’occuper de problèmes sociaux, et par voie de conséquence, nourrissaient l’opposition populaire à certaines orientations socio-politiques du gouvernement. Il faut aussi souligner que des élections approchaient et que le parti au pouvoir depuis l’indépendance (et encore en place aujourd’hui) ne tolérait aucune opposition. J. B. Jeyaretnam à la tête du ‘Workers Party’ lui avait infligé une défaite et était devenu le premier membre de l’opposition élu au parlement en 1981 et réélu en 1984. Plusieurs, parmi les détenus de 1987, avaient participé activement à la campagne électorale du ‘Workers Party’.

Vincent Cheng fut le dernier à être libéré, le 19 juin 1990, sans n’avoir jamais eu de procès, tout comme ses soi-disant ‘complices’…

« Ce n’est pas une pratique, et je ne laisserai pas les subversifs en liberté simplement du fait que je doive tout présenter contre eux devant un tribunal ou fournir des preuves qui résisteront aux règles strictes de ce tribunal. »

Lee Kuan Yew, 1988

Et aujourd’hui ?

Toute cette histoire continue, même aujourd’hui, à empoisonner l’église catholique singapourienne. En 2012, Mgr Chia, alors évêque de Singapour, avait exprimé, dans une lettre, son soutien à une commémoration, organisée par l’association Function 8 pour marquer le 25e anniversaire de l’Opération Spectrum. Il avait lui-même accompagné Mgr Gregory Yong lors de l’entretien avec Lee Kuan Yew en 1987 et avait donc été témoin de la farce médiatique… Il a néanmoins dû faire marche arrière rapidement et finalement se désolidariser de l’association, comme le soulignait à l’époque le journal « La Croix » : l’Archevêque catholique au centre d’une controverse.

Guillaume Arotcarena

Le père Guillaume Arotçarena au Catholic Center

A la mort du père Guillaume Arotçarena, en 2015, une messe fut célébrée par l’actuel archevêque de Singapour, Mgr William Goh. Théologien plus que pasteur, il fit appel au pardon des uns et des autres, et souligna dans son homélie que la première leçon a tiré des évènements de 1987, c’est que la mission sociale de l’Église est principalement spirituelle. « La mission sociale de l’Église est une expression de la proclamation de l’Évangile », a-t-il dit. « L’Église ne doit jamais être réduite à une organisation humanitaire. Nous ne sommes pas une autre ONG. » Autant dire que la doctrine sociale de l’Église n’est pas à l’ordre du jour.

Pour moi qui ai bercé dans l’Action Catholique toute ma jeunesse, je ne peux m’empêcher de ressentir un vide au sein de l’église singapourienne.  Le manque de conscientisation aux problèmes sociaux et la peur de l’engagement sont flagrants. Il suffit de prendre l’exemple de la peine de mort. Les trois derniers papes se sont longuement exprimés contre la peine capitale, mais les archevêques successifs ici se contentent d’approuver le gouvernement quand il assouplit la législation, sans pour autant envisager l’abolition de la pendaison. Les montées aux créneaux sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Le 21 mai 1987 reste très présent dans la mémoire collective, et la majorité silencieuse est de fait, silencieuse…

“ Même si je n’avais pas accès aux renseignements de l’État, d’après ce que je savais d’eux, la plupart étaient des activistes sociaux, mais pas pour renverser le système.”

Tharman Shanmugaratnam (ministre actuel), 2001

 

[1] un décret (vestige de la colonisation anglaise) qui permet aux autorités singapouriennes d’arrêter quelqu’un sans jugement pour une période de temps indéfinie.

[2] https://mothership.sg/2015/01/french-catholic-priests-story-on-social-work-in-1980s-geylang-revealed-the-vibrancy-of-civil-society-back-then/

[3] Ils feront une déclaration dans ce sens à leur sortie de prison et seront immédiatement réincarcérés.

Prières pour la Paix

Une nouvelle année commence, c’est souvent un moment privilégié où on se tourne vers le passé, l’année écoulée, pour ensuite faire des vœux pour le futur, la nouvelle année… Je ne sais pas ce que 2018 nous réserve, mais les tensions sur la péninsule coréenne sont inquiétantes. Les menaces, pour le moment verbales, concernant un possible conflit nucléaire me donnent des frissons. Les religions ont, à mon avis, un rôle à jouer dans la promotion du dialogue et de la paix. Je suis donc allé chercher une prière pour la paix, dans chacune des 10 religions officiellement reconnues à Singapour. Même si parfois les sentiments religieux attisent le feu de la haine, je reste persuadé qu’au cœur de chaque religion le désir de bâtir un monde de paix est essentiel.

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Prière taoïste pour la paix :

Pour avoir la paix dans le monde, Il doit y avoir la paix dans les nations.
Pour avoir la paix dans les nations, Il doit y avoir la paix dans les villes.
Pour avoir la paix dans les villes, Il doit y avoir la paix entre voisins.
Pour avoir la paix entre voisins, Il doit y avoir la paix dans la maison.
Pour avoir la paix dans la maison, Il doit y avoir la paix dans le cœur.

 

Prière jaïna :

La paix et l’amour universel sont l’essence de l’évangile prêché par les plus éclairés.

Le Seigneur nous enseigne que la sérénité vient du karma.

Que je pardonne à toutes les créatures, et que toutes les créatures me pardonnent. Que pour tous j’aie de l’amitié, pour personne de l’inimitié.

Sache que la violence est la source de toutes les misères du monde.

La violence est, de fait, le nœud de l’esclavage.

« Ne blessez aucun être vivant. »

C’est la voix éternelle, perpétuelle et inaltérable de la vie spirituelle.

Une arme, aussi puissante soit-elle, peut toujours être supplantée par une autre ; mais aucune, jamais, ne peut surpasser la non-violence et l’amour.

 

Prière zoroastrienne :

Nous prions Dieu d’éliminer

toute la misère du monde :

pour que la compréhension triomphe

sur l’ignorance,

la générosité sur l’indifférence,

la confiance sur le mépris,

et la vérité sur le mensonge.

 

Prière bouddhiste :

Que tous les êtres tourmentés partout

par les souffrances du corps et de l’esprit

soient promptement délivrés de leurs maux.

Que ceux qui ont peur cessent d’être effrayés, et que ceux qui sont attachés soient libérés.

Que ceux qui n’ont aucun pouvoir en trouvent et que les hommes pensent à se lier d’amitié les uns avec les autres.

Que ceux qui se trouvent dans des déserts

sans chemins et inquiétants,

enfants, vieillards ou sans défense,

soient gardés par des anges bienveillants,

et atteignent rapidement la sagesse bouddhique.

 

Prière hindoue :

Ô Dieu, conduisez-nous de l’irréel au réel.

Ô Dieu, conduisez-nous de l’obscurité à la lumière.

Ô Dieu, conduisez-nous de la mort à l’immortalité.

Shanti, Shanti, Shanti.

Ô Seigneur tout-puissant, que la paix existe dans les cieux.

Que la paix existe sur terre.

Que les eaux soient calmes.

Que les herbes soient saines, et que les arbres et les plantes apportent la paix à tous.

Que tous les êtres bienfaisants nous apportent la paix.

Que ta loi védique propage la paix dans le monde entier.

Que toute chose soit pour nous une source de paix.

Et que ta paix accorde la paix à tous, et qu’elle arrive aussi jusqu’à moi.

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Prière musulmane :

Au nom d’Allah,

le bienfaisant, le miséricordieux.

Loué soit le Seigneur

de l’Univers qui nous a créés

et constitués en tribus et en nations.

Que nous puissions nous connaître,

au lieu de nous mépriser.

Si l’ennemi tend à la paix,

tends-y également, et fie-toi

à Dieu, car c’est lui

qui entend et sait toutes choses.

Et les serviteurs de Dieu

les plus Gracieux sont ceux qui marchent

sur cette Terre avec humilité,

et quand nous leur parlons, nous disons « PAIX ».

  

Prière chrétienne :

Que soient bénis les artisans de la paix, car ils seront reconnus

comme les enfants de Dieu.

Mais je dis à ceux qui entendent, aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous maltraitent.

A ceux qui vous frappent la joue,

tendez l’autre, et à ceux qui prennent votre cape, ne refusez pas votre manteau.

Donnez à tous ceux qui mendient,

et à ceux qui emportent vos biens,

ne les redemandez pas.

Et ce que vous voudriez que les autres vous fassent, faites-le-leur.

 

Prière sikhe :

Dieu nous accorde,

selon nos actes,

non selon le manteau que nous portons :

cette Vérité est au-dessus de tout,

mais une vie sincère est encore plus haut.

Sache que nous atteignons Dieu en aimant,

et que seule cette victoire

tolère des conséquences

où personne n’est battu.

 

 

Prière bahaïe :

Sois généreux dans la prospérité,

et reconnaissant dans l’adversité.

Sois juste dans ton jugement,

et prudent dans tes paroles.

Sois une lampe pour ceux qui marchent

dans l’obscurité, et un abri pour l’étranger.

Sois des yeux pour l’aveugle, et un phare

pour ceux qui errent.

Sois un souffle de vie pour le corps

humain, une rosée pour le sol

du cœur humain,

et un fruit pour l’arbre de l’humilité.

 

Prière juive :

Sers-toi de nous Seigneur pour faire venir plus rapidement le jour de la réconciliation, où la pauvreté, les préjugés raciaux et les préjugés religieux ne menaceront plus de nous détruire; où la violence, les conflits provoqués par la colère et la méfiance ne seront plus que des démons oubliés; où notre richesse servira à nourrir l’affamé et à soigner le malade, où nous chérirons le monde et saurons lui faire confiance pour les enfants de nos enfants.

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Dans mon portable (5)

Nous arrivons en fin d’année, une petite promenade dans les photos prises avec mon téléphone me permet de revenir sur quelques rencontres auxquelles j’ai participées…

29 décembre 2016

Fête de Noël (organisée par ACCIRD). Les représentants des divers religions étaient invités à venir visiter la cathédrale nouvellement rénovée. Au programme: chants de Noël, sermon de l’évêque de Singapour sur la signification de Noël pour les chrétiens, et bien sûr repas obligatoire.

28 avril 2017

À l’initiative de l’Association Humaniste de Singapour, de la Free Community Church et du Leftwrite Center, une discussion très ouverte et franche sur « Religion et Athéisme ». Les intervenants étaient une bouddhistes, un musulman, un chrétien et un athée. Voici ce que dit la charte à droite:

Les règles

  1. La règle d’or: traitez les autres comme vous souhaiteriez être traité.
  2. Accepter le désaccord: quand vous montrez votre désaccord, faites-le avec respect et civilité. Restez cordial, sans être obligé d’accepter l’opinion d’autrui.
  3. Parler avec le ‘je’. Exprimez votre opinion personnelle, évitez de parler au nom d’un groupe plus large.
  4. Écouter lorsque les autres parlent. Une seule personne parle à la fois.
  5. Les idées et points de vue de tous les participants en lien avec la discussion et dans la limite du temps impartie, méritent d’être entendu.
  6. Être ouvert d’esprit et éviter de porter des jugements. Contrairement à un débat, une discussion invite à la prise de conscience et la réflexion. Cela donne la possibilité de se tromper et d’être ouvert au changement. Le but d’une conversation est de générer une meilleure compréhension et non pas de gagner une joute verbale.

13 août 2017

CNA 10:17

Visionnage en avant première d’un documentaire intitulé « Regardless of Religion », sur la cohabitation des différentes religions à Singapour. Ce film est disponible sur le Net: Regardless of Religion.

19 août 2017

Imran talk 08:17

Conférence donnée par mon ami Imran sur l’origine du conservatisme dans le milieu religieux malais. Il nous a expliqué comment, pour des raisons historiques, les musulmans de Singapour et de Malaisie sont plus attachés à la lettre qu’à l’esprit dans leurs pratiques religieuses.

24 octobre 2017

Accird mort 10:17

Conversation interreligieuse (organisée par ACCIRD), sur le thème: les rituels de la mort. Chaque intervenant (un hindou, un musulman, un chrétien, un bouddhiste et un taoïste) a présenté en 15 minutes ce qui est fait dans sa religion, et un temps de questions-réponses a suivi.

12 novembre 2017

Visite du ‘Harmony Center’ avec des prêtres des Missions Etrangères de Paris. Le centre fait partie d’une mosquée et travaille à la promotion du dialogue interreligieux.