Le port du voile en 12 questions

Le port du voile pour les femmes musulmanes est un sujet de débat qui est récurent en France. La plupart du temps, il s’agit d’un dialogue de sourds. D’un côté il y a ceux qui y voit une exploitation de la femme ou qui estiment que le voile n’a pas sa place dans une société laïque moderne, et de l’autre côté ceux qui affirment que c’est une recommandation religieuse ou que les femmes devraient avoir le droit de choisir leur tenue vestimentaire. J’ai moi-même changé ma vision des choses, car mon approche qui au départ était uniquement intellectuelle, s’est heurtée à l’expérience de la rencontre et du dialogue, notamment avec des femmes qui portent le voile. On pourrait me reprocher le fait qu’en tant que chrétien, je ne suis pas qualifié pour parler de l’islam. En effet, je ne suis pas un spécialiste, mais je m’intéresse aux religions en général et je m’informe auprès de spécialistes quand une question comme celle-ci me semble complexe et que je souhaite comprendre plutôt que de juger. Je vais donc essayer de répondre à quelques questions sur le sujet, en essayant d’être le plus objectif possible, mais je peux me tromper. Si c’est le cas, merci de me corriger. Je laisserai ensuite la parole à des femmes musulmanes singapouriennes dans un autre article.

  1. Que dit le Coran sur le port du voile ?

Le Coran est écrit en arabe, et le traduire est toujours délicat car chaque mot peut avoir plusieurs sens et nécessite une interprétation qui est rarement objective. Le mot ‘ḥijāb’ par exemple peut signifier ‘barrière’, ‘partition’, ‘rideau’, ‘voile’. Ce mot apparaît 7 fois dans le Coran (7:46, 17:45, 19:17, 33:53, 38:32, 41:5, 42:51), et il est clair qu’il s’agit à chaque fois d’une sorte de barrière ou de partition, notamment à l’intérieur d’une tente pour séparer l’espace de réception de l’espace privé. C’est donc dans le cadre du respect de la vie privé qu’est énoncé par exemple :

Quand vous demandez quelque objet aux épouses du Prophète, faites-le derrière un voile (hijab). Cela est plus pur pour vos cœurs et pour leurs cœurs. (33:53)

Il n’y a que deux versets du Coran qui font référence au voile en tant que tenue vestimentaire pour les femmes:

Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines (…). (24:31)

Ce verset pour ‘les croyantes’ suit un autre verset encourageant ‘les croyants’ à baisser les yeux et à demeurer chaste. Le mot utilisé pour le voile mentionné dans ce verset 31 est khimâr, ‘voile de tête’, un vêtement porté aussi bien par les hommes que par les femmes.

Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. (33:59)

Le mot utilisé ici est jilbâb, une sorte de manteau qui appartenait à la tenue locale des femmes des villes et qui aurait englobé la tête. Les esclaves ne devaient pas porter la même tenue que les épouses de leurs maîtres.

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Mais le Coran rappelle aussi que ce qui prime, ce n’est pas le vêtement, mais le cœur :

Ô enfants d’Adam! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. – Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur – C’est un des signes (de la puissance) d’Allah. Afin qu’ils se rappellent. (7:26)

En fait, dans le Coran, la manière de s’habiller relève historiquement de questions de société et non de religion. Le Coran incite seulement à porter une tenue vestimentaire pudique.

  1. Que disent les hadiths, la tradition ?

Les hadiths (paroles et faits rapportés du prophète) et la tradition dans l’islam, tout comme dans l’Eglise catholique d’ailleurs, ont un poids non négligeable dans la mise en place de rites ou de règles. Il est difficile d’être exhaustif sur le sujet, je me contente de donner simplement deux exemples qui sont en contradiction :

Quand le fils d’un compagnon éminent du Prophète a demandé à sa femme Aisha bint Talha de se voiler le visage, elle a répondu, « Puisque le Tout-Puissant a mis sur moi le sceau de la beauté, c’est mon souhait que le public regarde la beauté et ainsi reconnaissent Sa grâce parmi eux. Je ne me voilerai donc en aucun cas. » Citée dans “Women in the Muslim World, ed. Lynn Reese, 1998

Selon Aisha, la femme du prophète, « Asma, fille d’Abu Bakr, s’est présentée devant l’Apôtre d’Allah portant des vêtements minces. L’Apôtre d’Allah détourna son regard d’elle. Il dit: O Asma, quand une femme atteint l’âge de la menstruation, il ne convient pas qu’elle montre ses parties de corps à l’exception de celle-ci et de celle-là, dit-il en montrant son visage et ses mains. » Abu Dawud, Livre 32, numéro 4092.

« Un autre hadith parle des femmes qui sont parfaitement habillées mais moralement nues, et donc impudiques, ce qui indique que la pudeur réside dans une attitude et un comportement plus que dans un vêtement. » explique Tareq Oubrou[1], l’imam de Bordeaux. Les prescriptions vestimentaires sont le reflet de normes sociales spécifiques (culturelles) et ne devraient pas avoir de dimension cultuelle.

  1. Le port du voile est-il une obligation religieuse ?

Non. À aucun moment, il n’est mentionné dans la Charia (droit musulman) la moindre sanction à l’encontre de celles qui ne portent pas le voile. « En aucun cas, il ne peut être porté comme une obligation religieuse. Le véritable habit de l’islam est celui de la décence, tout le reste n’est que mascarade. »[2]

Pour aller plus loin sur cette question, on pourra lire ici (Le voile est-il une obligation religieuse?) une remise en contexte des extraits du Coran cités précédemment.

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  1. Est-ce que les hommes musulmans font pression pour que leurs femmes portent le voile ?

Encore une fois, une réponse simple est impossible. Dans certains pays, les femmes sont contraintes de se voiler, c’est une norme sociale. À Singapour, ce n’est pas le cas, et en France non plus. Je vous conseille l’article très complet à ce sujet publié sur le site slate.fr (Les femmes musulmanes sont-elles forcées à porter le voile, comme on l’entend dire?)

« On a transformé un fantasme en une règle intangible, en considérant que s’il y a des femmes forcées de porter le voile, toutes les sont. Ce qui a été observé dans ces enquêtes [qualitatives] a souvent été conforté. La majorité des femmes qui se voilent le font librement, le reste c’est du fantasme » affirme la chercheuse Nacira Guénif-Souilamas, professeure à l’Université Paris 8 et vice-présidente de l’Institut des Cultures d’Islam.

  1. Pourquoi est-il demandé à la femme de se vêtir davantage que l’homme ?

Dans l’islam, l’homme et la femme sont tous les deux invités à la pudeur, mais la femme est en effet plus ciblée que l’homme. Plusieurs explications sont données…

« Dieu a créé le corps féminin en lui donnant certaines particularités par rapport à celui de l’homme. Le corps masculin est doté d’une « simplicité » qui fait que l’attirance charnelle qu’il éveille est d’ordre global, tandis que, chez le corps féminin, chaque partie possède son attirance. On peut d’ailleurs voir qu’aujourd’hui dans certains pays, l’homme se met en valeur en s’habillant, tandis que la femme se met en valeur en se déshabillant le plus possible, en exposant donc les attraits naturels de son corps[3] »

Certains ajoutent que la femme est plus sensible à l’affection, la gentillesse, l’humour… alors que l’homme, lui, est plus attiré par le look. Dans beaucoup de culture, les femmes expriment leur malaise face aux regards déplacés de certains hommes. C’est rarement le cas pour les hommes, qui eux sont souvent fiers d’être l’objet de regards féminins.

Au final, la plupart s’accorde aujourd’hui sur le fait que l’homme et la femme sont égaux, mais différents. Ils ne sont donc pas traités de manière identique concernant les prescriptions vestimentaires. On n’est pas obligé d’être d’accord, mais on peut comprendre le choix, il me semble.

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Costume folklorique de mon Anjou natal

6. Le voile aurait-il une origine culturelle ?

Il est intéressant de lire les études faites sur l’histoire du port du voile. Comme souvent en religion, un objet pratique peut prendre une signification symbolique. Dans certaines tribus de bédouins, le voile est porté par les femmes et les hommes pour se protéger du soleil et des tempêtes de sable. Il se trouve que l’islam est né dans ce contexte. Mais quand on étudie la société dans laquelle l’islam a vu le jour, on s’aperçoit aussi qu’elle « comprenait des disparités sociales et culturelles importantes, par exemple entre femmes libres et esclaves ou entre femmes des villes et nomades du désert, les recommandations coraniques visaient simplement à privilégier l’habit local des citadines libres, parce qu’il était apparemment considéré comme représentant la meilleure tenue de la bienséance, et aussi parce que Mahomet avait été un citadin.[5] ». Encore une fois, c’est le social qui s’exprime ici et non le religieux.

« Une grande ignorance régnait à l’âge pré-islamique. Les petites filles étaient enterrées vivantes. On vendait les personnes sur des marchés telles des marchandises. Les femmes esclaves déambulaient dans les rues à moitié dénudées, pour tenter d’attirer l’attention d’individus fortunés. En définitive sont descendus des versets prescrivant aux femmes de se couvrir à l’extérieur, afin que les femmes libres ne soient pas prises pour des esclaves[6]. »

Porter un voile dans la rue semble avoir été un signe de statut privilégié dans certaines cultures antiques, tout le contraire d’un signe d’asservissement. L’origine culturelle est évidente, et les raisons du port du voile sont multiples dès le départ.

7. Quelle est l’origine du voile dans la religion ?

En fait, c’est dans le christianisme qu’on mentionne le voile dans sa dimension religieuse pour la première fois. Saint Paul, dans la première Epître aux Corinthiens au chapitre 11, insiste pour que les femmes se voilent quand elles assistent au culte.

(3) Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. (4) Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef. (5) Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c’est comme si elle était rasée. (1 Corinthiens 11)

Ce chapitre lu aujourd’hui peut choquer. Il est sans doute bon de le replacer dans le contexte de l’époque. En tout cas, c’est le premier écrit issu des religions monothéistes à avoir lié le voile des femmes à leur relation à l’homme et à Dieu.

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Marie apparaît voilée dans la majorité des peintures la représentant

Dans le judaïsme, le mot « voile », qui apparaît très peu dans l’Ancien Testament, a aussi une fonction plus sociologique que religieuse.

8. Le voile est-il une soumission de la femme à l’homme ?

Beaucoup de musulmans parlent ici d’un malentendu. L’occident a tendance à appréhender de nombreux éléments du religieux à travers le prisme de leur signification dans le christianisme. Or, la Bible, comme nous l’avons vu dans la question précédente fait référence à la soumission de la femme à l’homme dans le port du voile. Les mémoires de l’inconscient collectif semblent avoir gardé trace de cette signification particulière donnée au voile que portaient des femmes en Europe.

Le malentendu vient souvent d’un transfert de symbole d’une religion ou d’une culture à une autre. (…) Dans la lecture judéo-chrétienne, le voile renvoie à la soumission de la femme. Or, pour les musulmans, il s’agit en réalité d’une soumission à Dieu. (…) Ainsi, il ne vient pas à l’esprit d’aucune femme musulmane observant cette pratique qu’elle le fait par obéissance au mari, au père ou au frère. Ceux qui ont cette perception partent d’un a priori culturel chrétien[7].

9. Peut-on porter le voile et être féministe ?

Autant être clair, les religions en général ne sont pas vraiment des organisations féministes. Le féminisme s’oppose à la discrimination basée sur le sexe et dans pratiquement toutes les religions, les femmes ne peuvent pas accéder aux postes d’autorité. Le voile peut être perçu comme discriminatoire, car il est exclusivement réservé aux femmes, et dans la culture musulmane, les critères de pudeur sont plus stricts pour les femmes que pour les hommes. L’Islam relègue les femmes derrière les hommes pendant la prière, ne leur accorde pas les mêmes droits en matière d’héritage et de divorce, etc…

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Asma Lamrabet

Cependant, il serait intéressant de regarder l’attitude du prophète Mahomet envers les femmes avant de dire que l’Islam est misogyne. Replacées dans leur contexte, la plupart des innovations concernant la femme dans le Coran sont des avancées, même si on est encore loin du féminisme de l’époque moderne. « En considérant le contexte, on peut qualifier de révolutionnaires les mesures prises en faveur des femmes par Mahomet. (…) Après la mort du Prophète, l’ordre patriarcal devait régner à nouveau. L’oppression des femmes reprit son cours. On n’osa certes pas rétablir la coutume de les enterrer vives, mais on les enterra sous d’épais voiles, chez elles, les condamnant, elles qui furent la consolation du Prophète Mahomet, à des siècles de silence et d’invisibilité.[4] » À partir du Coran, beaucoup de femmes parviennent à démontrer que les interprétations classiques se basent sur des expériences d’hommes, à partir d’un regard masculin, influencées par les sociétés patriarcales dans lesquelles ils vivaient.

Le choix de porter le voile n’est pas un acte féministe, mais les féministes qui portent le voile sont nombreuses. « Ce n’est pas l’islam qui opprime les femmes, c’est la lecture machiste qui en est faite. » résume l’une d’entre elles, Amina Wadud. « Il faut déconstruire la lecture patriarcale qui mine la pensée islamique » explique Asma Lamrabet, une féministe marocaine.

Chez mes voisins de Malaisie, le collectif des Sisters in Islam (SIS) (http://www.sistersinislam.org.my/), fondé en 1987, prend régulièrement des positions controversées sur des questions comme la polygamie, le rôle des femmes dans l’histoire de l’islam ou encore la liberté de religion, les SIS ont contribué à remettre en question la version « officielle » de l’islam telle qu’elle est promue par l’État malaisien.

  1. Que signifie le port du voile ?

Le Monde des religions vient de consacrer un numéro à l’histoire du voile. Dans son éditorial[8], Virginie Larousse résume les choses ainsi :

« Le voile est extraordinairement polysémique. Il peut vouloir dire une chose et son contraire. C’est ainsi que, entre autres, le voile peut être : simple coutume culturelle, à dimension souvent pratique (protection contre la poussière, le soleil) ; signe d’émancipation (chez les Grecques païennes) ou à l’inverse de soumission (mais dans ce cas, soumission à qui : à Dieu ou à la gent masculine ?) ; revendication identitaire dans des sociétés qui tendent à l’uniformisation ou accessoire de mode ; symbole d’une quête spirituelle, voire mystique (chez les sikhs par exemple, où ce sont les hommes qui portent le voile !). D’où mon interrogation : lorsque l’on s’écharpe sur le voile, au fond, de quel voile parle-t-on ? (…) Certes, les symboles, les rites, sont importants, et peuvent être signifiants. Néanmoins, ils ne sauraient l’emporter sur la dimension intérieure que toute spiritualité doit s’attacher à cultiver. En d’autres termes, attention à ne pas réduire la religion à un signe. « L’habit ne fait pas le moine », nous dit la sagesse populaire. Il importe de privilégier l’être, plutôt que le paraître. »

monde-des-religions-2016

Lorsqu’on parle de symbole, on doit se replacer dans une culture spécifique et une époque précise, car les symboles perdent facilement de leur signification et sont souvent détournés quand ils sont replacés dans un autre contexte. « Il est fréquent de rencontrer des femmes portant le hijâb concomitamment avec des vêtements très moulants ou transparent et tout en étant maquillées de manière exagérée. On peut parler là d’un vrai détournement de symbole et se demander : où est la pudeur[9] ? »

« Le voile est resté un symbole puissant de l’altérité quand le colonialisme s’est effondré après la seconde guerre mondiale et que les Musulmans des pays colonisés ont afflué en France. Mais maintenant, cette altérité se joue à l’intérieur même d’un pays qui tente de définir sa propre identité postcoloniale.[10] »

Selon Bruno Nassim Aboudrar, le voile s’est répandu en terre d’islam comme signe de subordination de la femme, avant de devenir un enjeu symbolique de refus de la colonisation, puis une revendication d’indépendance culturelle par rapport à un Occident perçu comme hégémonique. Ce qui explique que, de nos jours, il puisse être autant porté comme un symbole de liberté que de sujétion[11].

  1. L’incompréhension ne vient-elle pas d’une conception différente de la visibilité ?

On est en face ici de deux cultures très différentes. Pour les chrétiens, Dieu s’est fait homme, il a été vu, on peut le représenter par des images. Pour les musulmans, Dieu est invisible et ne peut être représenté. Il suffit de comparer l’intérieur d’une église avec celui d’une mosquée pour se rendre compte de la différence au niveau visuel. Dans l’islam, on se méfie du regard. Voir, c’est ouvrir la porte du désir. Le voile sert à soustraire les femmes au visible, mettant ainsi en valeur leur dimension sacrée. Dans la société moderne où le visuel et le paraître prennent tellement de place, l’islam a du mal à trouver sa place.

  1. Faut-il interdire le port du voile ?

Suite à l’affaire du burkini, un article très intéressant est paru dans le New York Times, sous le titre : « France’s ‘Burkini’ Bans Are About More Than Religion or Clothing ». L’auteure, Amanda Taub, soulignait que « Les interdictions vestimentaires ont pour but, de faire pression sur les Musulmans français pour qu’ils se détournent de tout sentiment d’identité communautaire et adoptent l’identité française étroitement définie qui préexistait avant leur arrivée. Mais essayer de forcer à l’assimilation peut avoir l’effet contraire : dire aux Musulmans français qu’ils ne peuvent pas avoir simultanément une identité musulmane et une identité française, les forcer à choisir, c’est ainsi les exclure de ce que recouvre l’identité nationale au lieu de les convier à y contribuer.(…) La France a un autre choix : elle pourrait élargir sa définition de l’identité nationale pour inclure les Musulmans français tels qu’ils sont. C’est quelque chose qui peut effrayer beaucoup de Français, qui le vivrait comme renoncer à une identité « traditionnelle » confortable et non comme l’ajout d’une nouvelle dimension à celle-ci. »

En conclusion, vue la complexité derrière les raisons qui peuvent pousser une femme à porter le voile, ne serait-il pas plus juste d’en revenir à la liberté individuelle de chaque femme. Tant qu’elle n’est pas obligée de le porter, pourquoi ne pas laisser la femme musulmane libre de choisir sa tenue vestimentaire selon ses croyances religieuses, sans projeter notre propre interprétation ou croyance basée sur notre histoire à nous et non la sienne. Une femme ne devrait pas être obligée de porter le voile pour des raisons religieuses, de même qu’elle ne devrait pas être obligée de l’enlever pour des raisons de laïcité mal comprise.

Je termine en reprenant les mots de mon ami Imran qui souligne que le public devrait être encouragé à ne pas adopter de stéréotypes sur le voile et ne pas accuser les femmes qui le portent d’être des ignorantes ou des opprimées, ni les femmes qui ne le portent pas d’être immorales ou impudiques. La dignité de la femme à décider par elle-même doit être primordiale. Dans le contexte du Singapour multiculturel, le droit de porter et le droit de ne pas porter le voile doivent être respectés sur la base des droits de l’homme et de la liberté de croyance.

Les musulmans sont des gens comme les autres, on ne rencontre jamais des cultures ou des religions, mais toujours des individus qui s’en sont approprié différents éléments en constante évolution et interaction les uns avec les autres pour se construire.

Au hasard de mes recherches, je suis tombé sur cette vidéo d’une émission québécoise sur le sujet. Je trouve le débat très clair et instructif, d’autant plus que si on le replace dans l’actualité (attentat dans une mosquée de Québec) il devient crucial d’en reparler:

[1] “Ce que vous ne savez pas sur l’islam”, Fayard 2016.

[2] Cheikh Khaled Bentounès. Le monde des religions Septembre 2003.

[3] Abû Chuqqa, d’après Tahrîr ul-mar’a, 4/22

[4] “Le Prophète qui aimait les femmes.” Leili Anvar dans le Monde des religions

[5] Citation de Jacqueline Chabbi. Extrait du “Monde des religions” de janvier 2004.

[6] Hayat Nur Artiran. Le Monde des Religions, Septembre-octobre 2016, n°79

[7] Tareq Oubrou. “Ce que vous ne savez pas sur l’islam”, Fayard 2016.

[8] L’étole des femmes. Le Monde des Religions, Septembre-octobre 2016, n°79

[9] Tareq Oubrou, “Ce que vous ne savez pas sur l’islam”, Fayard 2016.

[10] Amanda Taub, The New York Times (USA) 18 août 2016.

[11] “Comment
 le voile est devenu musulman”. Bruno Nassim Aboudrar
, Flammarion, 2014.

2 réflexions sur “Le port du voile en 12 questions

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